La CCI de Haute-Corse au Premier ministre

La CCI de Haute-Corse au Premier ministre : « l’impact de l’insularité sur la performance économique des entreprises »

 

Rédigé par le Jeudi 4 Juillet 2019 à 16:25

 

« Impact de l’insularité en Corse sur la performance économique des entreprises » : Ce rapport présente les résultats de la deuxième étude sur les coûts cachés de l’insularité pour les entreprises situées en Corse. Ces coûts cachés consistent en des frais supplémentaires supportés par une entreprise située en Corse par rapport à une entreprise similaire située en France continentale. Ce rapport détaillé et précis sur ces coûts, qui a été remis mercredi au Premier ministre à l’occasion de son passage à Bastia, constitue la contribution de la CCI 2B au débat sur ce plan. Voici les conclusions Goodwill Management à ce propos

 


La CCI de Haute-Corse au Premier ministre : "l'impact de l'insularité sur la performance économique des entreprises"
Cette étude vise à valoriser les difficultés liées à l’insularité rencontrées par les entreprises corses. En effet, les caractéristiques de l’île impliquent des difficultés créant des coûts cachés.
Pour identifier et mesurer ces surcoûts liés à l’insularité, une revue de littérature et des entretiens avec des chefs d’entreprises ont été menés. Puis, une méthodologie de calcul s’appuyant sur des données publiques et sur un questionnaire complété par plus de 2 000 chefs d’entreprises a été élaborée. Après une première étude sur ce sujet en 2018, cette deuxième version apporte des améliorations sur la représentativité de l’échantillon et le modèle en lui-même.

Cette deuxième étude confirme les principales conclusions obtenues en 2018. En effet, les résultats démontrent que l’insularité crée des surcoûts pour les entreprises, qui représentent environ 9% du chiffre d’affaires par an (8,9% +/- 0,5% en 2019, 10,2% en 2018). Ces surcoûts sont liés à l’éloignement géographique, à l’étroitesse des marchés et aux incertitudes d’approvisionnement.

Par ailleurs, le tissu économique corse est composé en majorité d’entreprises de moins de 10 salariés. Par conséquent, une analyse a été menée sur les entreprises au chiffre d’affaires inférieur à 750 K€. Cela confirme que ces entreprises souffrent particulièrement des difficultés liées à l’insularité, qui pèsent plus sur leur chiffre d’affaires que pour les autres entreprises.

Par ailleurs, quatre secteurs essentiels à l’économie corse ont été particulièrement étudiés : commerce (agroalimentaire compris), construction, hébergement et restauration et transport et entreposage. Il en ressort que les secteurs les plus pénalisés par l’insularité sont le transport et l’entreposage et l’hébergement et la restauration. Ces secteurs sont respectivement particulièrement concernés par les difficultés liées à l’éloignement et à l’étroitesse du marché du recrutement.

Enfin, cette étude apporte un éclairage sur les difficultés liées aux ressources humaines, qui apparaissent comme particulièrement pénalisantes pour les entreprises. Ainsi, le surcoût pesant le plus dans le résultat total découle de la durée de vacance de poste plus importante en Corse que sur le continent.

Une analyse supplémentaire a été menée en 2019 sur les entreprises échangeant des marchandises avec le continent. En effet, certaines entreprises n’évoluent que sur le marché corse et n’ont que très peu d’interactions avec le continent. Le seul surcoût lié au transport de marchandises pénalisant ces entreprises est lié au transport routier sur l’île. En revanche, les entreprises souhaitant évoluer sur d’autres marchés, et échangeant par conséquent des marchandises avec le continent, rencontrent de nombreux surcoûts liés à l’éloignement : surstockage, suréquipement, charges d’approvisionnement ou encore coût du transport maritime.
Ainsi, les surcoûts liés au transport de marchandises pèsent pour 5,3% du chiffre
d’affaires par an en moyenne pour ces entreprises, contre 3,5% pour les autres. Les
entreprises corses évoluant dans d’autres marchés doivent donc surmonter ces surcoûts avant de pouvoir 
concurrencer les entreprises du continent.


Les résultats de l’étude et ses conclusions étaient précédés d’une note de présentation
L’économie de la Corse présente de nombreuses spécificités (hyper-ruralité, prédominance du secteur touristique, étroitesse du marché intérieur, hyper-saisonnalité…), mais sa principale caractéristique reste sa forte exposition à de multiples contraintes et autres handicaps liés à l’insularité.  

Récemment, un conflit social au sein d’une compagnie maritime est venu illustrer de manière spectaculaire cette fragilité par un blocus organisé pendant près d’une semaine sur le port de Marseille.
Ainsi, s’il a pu être observé fort logiquement les navires de la compagnie concernée empêchés de naviguer dès le premier jour de grève, de manière beaucoup plus surprenante, les navires de l’autre compagnie, cotitulaire de la délégation de service public Continent/Corse, ont été également retenus à quai par des voies de fait et autres entraves, constitutives d’un blocus des liaisons avec la Corse.

Notre profonde et déstabilisante vulnérabilité viendra s’exprimer d’abord par le silence des autorités, puis par leur expression stupéfiante exposant que cette situation illégale, observée sur le port de Marseille, privant la Corse de ses approvisionnements, était en réalité un problème corso-corse (Cf. courrier de M. le Préfet des Bouches-du-Rhône du 26 juin).
Cette récente et édifiante péripétie vient par ailleurs éclairer, par son actualité, notre travail initié voilà plus de 18 mois, destiné à objectiver (identifier et chiffrer) les contraintes spécifiques que nos entreprises doivent surmonter pour exercer leurs activités (Etude Goodwill Management 2019).

Ce champ de contraintes a fait l’objet d’un début de reconnaissance par M. le Ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire, lors de son déplacement en Corse l’année dernière à la même époque, par l’Inspection Générale des Finances dans son rapport d’octobre 2018 « Pour une économie corse du XXIème siècle : propositions et orientations », et surtout par la Loi de Finances 2019, et notamment son article 135 (Zone de Développement prioritaire).

Force est de constater que si ces signes sont encourageants, ils restent insuffisants et ne sont donc pas de nature à équilibrer ni les chances, ni les charges, entre nos entreprises insulaires et leurs homologues continentales.

Nous souhaitons donc que soient réouverts et poursuivis les échanges pour :
1- La pérennisation et l’extension du dispositif « Crédit d’Impôt pour l’Investissement en Corse » ;
2- L’extension du bénéfice de la « Zone de Développement Prioritaire » aux entreprises existantes et pas seulement celles créées à compter du 1
er janvier 2019 ;
3 – Une mesure pérenne de soutien, de type « situationnelle », qui par son effet, mette les entreprises qui exercent leurs activités en Corse en situation équitable au sein de l’ensemble métropolitain.

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